Avec l'équipe technique
« Impossible dans notre architecture. » Souvent vrai en partie. On cherche alors le résultat minimal acceptable plutôt que la solution idéale : une redirection au niveau du serveur plutôt qu'une réécriture applicative.
Mission de conseil, de bout en bout
Une mission de conseil en référencement naturel n'est pas une liste de recommandations envoyée par courriel. C'est une suite de décisions prises avec vous, dans un ordre précis, avec des données sur la table et une responsabilité assumée à chaque étape.
Cette page décrit ce qui se passe vraiment, du premier échange au dernier point de suivi : les questions posées avant de commencer, ce qui est regardé en premier, les arbitrages qui reviennent toujours, la façon dont un désaccord se règle, les décisions difficiles à annoncer, la restitution et ce qu'on en fait le lendemain. Julien Jimenez exerce en direct depuis 2009, en français, avec des missions à distance dans toute l'Europe francophone.
Phase I
Aucune mission ne démarre sur un accord de principe. Avant la première ligne d'analyse, un échange d'une à deux heures permet de poser huit questions. Chacune a déjà, au moins une fois, évité une mission mal orientée. Les réponses tiennent dans une note de deux pages, validée par écrit, à laquelle on revient chaque fois qu'une discussion s'égare.
« Plus de visibilité » est une envie, pas un objectif. Un objectif ressemble à : passer de 40 000 à 90 000 sessions organiques par mois. Sans point de départ ni point d'arrivée, aucune priorisation n'est possible.
Ce sont rarement les mêmes personnes. Les meilleures recommandations meurent quand l'équipe qui applique découvre le plan au moment de le mettre en oeuvre. Les deux rôles sont nommés dès le départ.
Un site de dix ans porte des couches successives de décisions. Savoir qu'une refonte d'arborescence a été abandonnée faute de ressources évite de la reproposer telle quelle.
La réponse fixe le niveau de prudence. À 70 % du chiffre d'affaires issu de la recherche, une migration mal préparée devient un risque d'entreprise. À 5 %, on peut expérimenter beaucoup plus librement.
C'est elle qui détermine le rythme réel. Quand une balise title dépend d'un cycle de développement de six semaines, le calendrier n'a rien à voir avec celui d'un site publié en autonomie.
Search Console, audience, journaux serveur, exports de commandes. Seize mois d'historique permettent de comparer une période à la même période de l'année précédente. Sans historique, on interprète du bruit.
Le temps interne compte autant que le budget. Un plan qui suppose quinze jours-personne par trimestre ne tient pas avec une personne à mi-temps. Mieux vaut un plan modeste réellement exécuté.
C'est la question la plus utile des huit. Elle fait apparaître les attentes implicites, presque toujours absentes du cahier des charges. Une fois nommées, elles peuvent être traitées ou écartées.
Deux issues sont alors possibles : la note est validée et la mission commence sur une base commune, ou l'échange a montré que le référencement naturel n'est pas le bon levier, et il vaut mieux le dire tout de suite.
Phase II
L'ordre d'analyse n'est pas une question de goût. Il remonte des causes vers les symptômes, jamais l'inverse. Commencer par les mots-clés d'un site dont la moitié des pages ne sont pas explorées revient à peindre une façade avant d'avoir réparé la toiture. Six niveaux sont examinés, et chacun conditionne la lecture du suivant.
Couverture d'indexation sur seize mois, écart entre pages soumises et pages réellement indexées, évolution des impressions par type de page. Ce point d'entrée dit tout de suite si le problème vient de la visibilité ou de l'accès. Un site dont 40 % des pages utiles sont exclues n'a pas un problème de contenu.
Quinze à trente jours d'export brut suffisent à savoir ce que les robots explorent vraiment : quelles rubriques, à quelle fréquence, avec quel taux d'erreurs, et combien de passages sont consommés par des URL sans valeur. Aucune exploration simulée ne remplace cette lecture.
Profondeur des pages, distribution des liens internes, cohérence des rubriques, gestion des facettes. Une page importante située à six clics de l'accueil et recevant trois liens internes est une page abandonnée, quelle que soit la qualité de son texte.
Pour chaque famille de pages, on compare ce qui est publié à ce que la recherche attend. Beaucoup de pages perdent non parce qu'elles sont mauvaises, mais parce qu'elles répondent à une autre question. On mesure aussi la cannibalisation entre pages proches.
Volume, rythme d'acquisition, répartition des ancres, qualité réelle des domaines référents, héritage des campagnes passées. Renforcer l'autorité d'un site mal structuré revient à verser de l'eau dans un seau percé, d'où ce rang tardif.
Signaux web essentiels mesurés sur données réelles : affichage du plus grand élément sous 2,5 secondes, réactivité sous 200 millisecondes, stabilité visuelle sous 0,1. On vérifie aussi le rendu du JavaScript, car un contenu qui n'existe qu'après exécution peut ne jamais être vu.
Un audit qui commence par les mots-clés commence par la fin. On regarde d'abord si la porte s'ouvre, ensuite ce qu'il y a derrière.
Julien Jimenez
Ce parcours prend deux à trois semaines sur un site de taille moyenne. Il produit des constats, pas encore de recommandations : chacun porte sa donnée, sa date d'observation et le volume concerné, de façon à pouvoir être contesté.
Phase III
Une mission se juge à la qualité de ses arbitrages, pas à la longueur de ses listes. Six dilemmes reviennent dans la quasi-totalité des missions. Aucun n'a de réponse universelle : ce qui est constant, c'est la façon de trancher et le signal qui fait pencher la balance.
Le dilemme. Le site est ancien, la refonte est réclamée depuis deux ans, elle coûte cher et remet en jeu une visibilité acquise.
La façon de trancher. On sépare ce qui relève des gabarits de ce qui relève de la structure et des contenus. Une refonte ne corrige pas une arborescence mal pensée : elle la reproduit en plus joli.
Le signal. Quand plus de la moitié des correctifs prioritaires exigent de toucher au code des gabarits, la refonte devient l'option la moins chère.
Le dilemme. L'équipe veut produire, la direction veut du volume, et le site compte déjà six cents articles dont beaucoup ne reçoivent aucune visite.
La façon de trancher. On classe l'existant en quatre familles : pages qui performent, pages qui plafonnent, pages dormantes, pages nuisibles. Celles qui plafonnent en deuxième page sont le gisement le plus rentable.
Le signal. Quand plus de 30 % des pages n'ont reçu aucune impression sur quatre-vingt-dix jours, la priorité n'est pas de publier davantage.
Le dilemme. Le volume rassure, se mesure facilement et se présente bien dans un tableau. La sélection coûte plus cher par lien et produit moins de lignes à montrer.
La façon de trancher. Les critères sont fixés à l'avance et par écrit : cohérence thématique, trafic organique réel du domaine, environnement rédactionnel normal, régularité de publication.
Le signal. Un lien qui n'aurait pas été posé si le référencement n'existait pas n'a pas sa place. Sur plus de cinq cents campagnes pilotées, cette règle explique l'absence de pénalité constatée.
Le dilemme. Les deux chantiers sont légitimes, les ressources ne permettent pas de les mener de front, et chaque équipe défend le sien.
La façon de trancher. La technique passe d'abord uniquement quand elle empêche : pages non indexables, contenu invisible sans exécution du JavaScript, duplication massive, temps de réponse qui bride l'exploration.
Le signal. Si un correctif débloque plusieurs milliers de pages d'un coup, il passe en premier. Sinon, l'éditorial avance en parallèle sur un périmètre restreint.
Le dilemme. Ouvrir des catégories promet une croissance visible du nombre de pages positionnées. Approfondir les familles rentables produit moins de lignes mais davantage de commandes.
La façon de trancher. On croise la demande estimée, la marge par famille et la capacité réelle à produire une page de qualité. Une catégorie sans description utile ni stock ne se positionnera pas.
Le signal. Tant que les familles existantes ne sont pas complètes et correctement maillées, l'élargissement attend.
Le dilemme. Le payant produit des résultats immédiats et s'arrête avec le budget. L'organique met des mois à monter et continue de produire ensuite.
La façon de trancher. Les deux se complètent. Le payant valide vite une intention, un message ou une page d'atterrissage, et indique où investir en organique.
Le signal. Quand le coût d'acquisition payant dépasse durablement la marge unitaire, il faut construire une audience possédée, par la recherche organique et par le courriel.
Pendant la mission
Une mission sans désaccord est une mission où quelqu'un se tait. Ce qui compte, c'est la méthode employée pour les régler : un désaccord tranché par l'autorité laisse toujours une rancune et une mise en oeuvre molle.
« Impossible dans notre architecture. » Souvent vrai en partie. On cherche alors le résultat minimal acceptable plutôt que la solution idéale : une redirection au niveau du serveur plutôt qu'une réécriture applicative.
« On ne va pas écrire pour des robots. » Le désaccord porte sur la liberté éditoriale, pas sur la technique. La réponse tient dans un test comparant deux séries d'articles sur trois mois.
Un audit externe est parfois vécu comme un examen. Le rapport ne juge jamais des personnes : il décrit des états mesurés et datés, et les contraintes du prestataire sont intégrées au plan.
Quand aucune donnée ne peut départager deux avis, la discussion ne porte pas sur les faits. Il faut le dire, et arrêter de perdre du temps.
Julien Jimenez
Responsabilité
Le conseil devient utile au moment où il déplaît. Quatre annonces reviennent régulièrement, et aucune n'est confortable à faire. Elles sont la contrepartie de la confiance accordée : un consultant qui ne dit que ce qui fait plaisir n'est pas payé pour conseiller, il est payé pour rassurer.
Certains projets n'ont aucun besoin de référencement naturel : clientèle atteinte ailleurs, décision passant par la prescription, volume de recherche négligeable sur le marché visé. Le dire au cadrage, chiffres de demande à l'appui, évite d'engager plusieurs mois de budget sur un levier qui ne produira rien.
Une offre qui change chaque mois, un positionnement encore incertain, un catalogue en reconstruction : investir maintenant revient à optimiser une cible mouvante. La recommandation consiste à préparer le terrain, fondations techniques et structure des URL, puis à revenir six mois plus tard.
Beaucoup de demandes formulées comme des problèmes de visibilité sont des problèmes de conversion, de prix ou de service. Doubler le trafic d'une page qui convertit à 0,3 % coûte bien plus cher que d'améliorer la page. Quand les données le montrent, elles sont présentées telles quelles.
L'écart entre l'ambition affichée et les moyens engagés se traite au cadrage, pas au sixième mois. Quand l'objectif suppose vingt pages par mois et que l'équipe peut en produire quatre, deux options sont posées : réduire l'objectif ou augmenter les moyens.
Refuser une mission qui ne peut pas réussir coûte un contrat. L'accepter quand même coûte une réputation.
Julien Jimenez
Phase IV
Un rapport dont personne ne fait rien est un rapport raté, même s'il est juste. La restitution est donc une réunion de travail, pas une présentation : elle réunit le décideur et ceux qui appliqueront, et se termine par des tâches attribuées avec des noms et des dates.
Le rapport est envoyé quarante-huit heures avant la réunion, pour que la discussion porte sur les décisions et non sur la découverte du document. La réunion dure quatre-vingt-dix minutes : trente de constats, quarante-cinq d'arbitrages, quinze de calendrier. Chaque action retenue devient un ticket avec un porteur et une échéance ; les actions écartées le sont explicitement, avec la raison.
Une semaine plus tard, un point de trente minutes vérifie que les premières tâches ont démarré. C'est là que se joue la différence entre un audit qui change quelque chose et un audit qui finit dans un dossier partagé.
Phase V
Le référencement naturel produit ses effets avec un décalage. Le suivi sert à distinguer ce qui bouge à cause du travail engagé de ce qui bouge à cause de la saison, d'une mise à jour d'algorithme ou d'un concurrent plus actif.
Hebdomadaire pendant les déploiements, mensuel ensuite. Trente minutes, ordre du jour fixe : ce qui a été livré, ce qui a bougé, ce qui bloque, ce qui passe en priorité.
Une page unique connectée aux comptes du client : impressions et clics par famille de pages, positions suivies, indexation, signaux web essentiels, liens acquis. Aucun score composite inventé.
Trois alertes suffisent : chute d'indexation de plus de 10 % sur sept jours, baisse de clics de plus de 20 % sur une famille, dégradation d'un signal web essentiel.
Deux heures pour reprendre les objectifs du cadrage, mesurer l'écart, expliquer les causes et réviser le plan. Le moment où l'on accepte d'abandonner une piste qui n'a rien donné.
Lecture des rapports, méthode de brief éditorial, recette avant mise en production, critères de sélection des liens. L'objectif est qu'une partie du travail soit reprise en interne.
Une mission bien menée prépare sa fin. La note de clôture récapitule ce qui a été fait, ce qui reste à faire et les trois points de vigilance des douze mois suivants.
Le but n'est pas d'être indispensable. Le but est qu'au bout d'un an, l'équipe sache lire ses données et décider sans attendre un avis extérieur.
Julien Jimenez
Ce que vous recevez
Tous ne sont pas systématiques : ils dépendent du périmètre décidé au cadrage. Voici ceux qui reviennent le plus souvent.
| Livrable | Ce qu'il contient | Quand | Format |
|---|---|---|---|
| Note de cadrage | Objectif chiffré, périmètre, décideurs, contraintes, définition de l'échec | Semaine 1 | Document de deux pages |
| Audit technique | Indexation, exploration, journaux serveur, rendu, duplication, données structurées | Semaines 2 à 4 | Rapport et annexes |
| Audit éditorial | Familles de pages, intentions couvertes, cannibalisation, plan de rubriques | Semaines 2 à 4 | Rapport et tableau |
| Audit du profil de liens | Volume, rythme, ancres, qualité des domaines référents, cibles prioritaires | Semaine 3 | Rapport et tableau |
| Plan priorisé | Actions classées par effort et impact, responsable, échéance, critère de réussite | Restitution | Tableau de pilotage |
| Spécifications techniques | Consignes reprenables en ticket, cas limites, procédure de recette | Après arbitrage | Fiches par sujet |
| Tableau de bord | Impressions, clics, positions suivies, indexation, signaux web essentiels | Dès le mois 1 | Rapport connecté |
| Comptes rendus de revue | Écart aux objectifs, causes identifiées, décisions prises, plan révisé | Chaque trimestre | Note de synthèse |
| Note de fin de mission | Bilan, compétences transmises, points de vigilance, accès restitués | Clôture | Document de synthèse |
Les données brutes et les tableaux de bord appartiennent au client et restent connectés à ses propres comptes après la fin de la mission.
Précisions
Neuf questions revenant lors des premiers échanges, avec des réponses directes.
Un audit complet demande trois à cinq semaines : une semaine de cadrage et de collecte, deux à trois semaines d'analyse, une semaine de rédaction et de restitution. Un accompagnement se compte en mois, avec un point régulier et une revue trimestrielle.
Un échange d'une à deux heures autour de huit questions : objectif chiffré, décideurs, tentatives passées, dépendance actuelle au référencement, droits de publication, accès aux données, moyens engagés et définition de l'échec. Il donne lieu à une note écrite de deux pages.
Un accès en lecture à la Search Console est indispensable, idéalement sur seize mois. Les journaux serveur deviennent décisifs au-delà de quelques milliers de pages : ils montrent ce que les robots explorent vraiment. Un export de quinze à trente jours suffit.
Le désaccord est écrit en une phrase, puis on cherche la donnée qui permettrait de trancher. Si elle n'existe pas, on construit un test sur un lot de pages témoin, avec une date de verdict fixée à l'avance. La mesure tranche, pas l'autorité.
Selon la mission. Une partie des actions éditoriales et des réglages peut être prise en charge directement. Les modifications de code et les déploiements restent du ressort de l'équipe technique, avec des spécifications précises et une recette commune.
C'est le meilleur moment, à condition d'intervenir avant que les gabarits soient figés. Entrer trois semaines avant la mise en ligne permet surtout de limiter les dégâts, alors qu'entrer au stade de l'arborescence permet de tout construire correctement.
Une synthèse d'une page, les constats classés par gravité avec la donnée qui les fonde, un plan priorisé indiquant effort et impact attendus, les annexes de données exportables et un calendrier de mise en oeuvre sur trois à six mois.
Les corrections d'indexation se voient en deux à six semaines. Les gains éditoriaux se lisent entre le troisième et le sixième mois. Le netlinking agit sur six à douze mois. La croissance organique médiane observée est de x2,4 à douze mois.
Il est dit clairement et le plus tôt possible. Quand la demande n'existe pas, quand l'offre ne convertit pas, quand le budget ne permet pas d'atteindre l'objectif, la mission est réorientée ou arrêtée. Savoir dire non fait partie du conseil.
Prendre contact
Le premier échange sert à comprendre le contexte et à vérifier que le référencement naturel est bien le bon levier. Il se fait par courriel, en français. Pour gagner du temps, indiquez l'adresse du site, l'objectif visé, la personne qui décide et les données déjà disponibles.